De spectateurs à compétiteurs : le rêve éveillé d’Alicia Fabbri et Paul Ayer
BOSTON - En 2016, les Championnats du monde de patinage artistique avaient lieu pour la première fois à Boston, et une jeune patineuse québécoise était dans les gradins pour voir les Français Gabriella Papadakis et Guillaume Cizeron décrocher leur deuxième titre (de cinq) en danse sur glace. Alicia Fabbri ne le savait pas à l’époque, mais presque 10 ans plus tard, elle va fouler la glace du TD Garden à son tour vendredi, avec son partenaire Paul Ayer, pour participer à ses tout premiers Championnats du monde séniors de patinage artistique. Il y a 10 ans, j'étais dans les estrades en train de regarder, et ce sont les seuls auxquels j’ai assisté. Et puis cette année, c'est moi qui va être sur la glace en train d'inspirer les gens à le faire avec moi. C'est comme : wow! Pour ajouter à l’effet spectaculaire de l’histoire, Alicia Fabbri a appris qu’elle allait participer à la prestigieuse compétition par les médias sociaux. Participer à des mondiaux est une étape importante pour n’importe quel athlète. En danse sur glace, le Canada excelle et la compétition est forte même à l’interne, ce qui rend cette première expérience encore plus réjouissante. Paul Ayer et Alicia Fabbri Photo : Radio-Canada / Jean-François Vachon Les patineurs de 22 et 26 ans ont réussi à se tailler une place dans l’équipe canadienne en remportant la médaille de bronze aux Championnats canadiens pour une deuxième année de suite. Alicia Fabbri et Paul Ayer se retrouvent donc dans la hiérarchie canadienne derrière Marjorie Lajoie et Zachary Lagha, ainsi que Piper Gilles et Paul Poirier, vice-champions du monde en titre. Ils n’ont pas volé leur laissez-passer. Fabbri et Ayer sont un produit de l’Académie de glace de Montréal, fondée par Marie-France Dubreuil et Patrice Lauzon, deux fois vice-champions du monde et quintuples champions canadiens, ainsi que par leur acolyte Romain Haguenauer. Plusieurs des meilleurs patineurs au monde sont regroupés au sein de cette académie. Chaque jour, le jeune duo canadien s’entraîne avec l’élite de la danse sur glace, mais il ne semble pas impressionné outre mesure. Pour cette première expérience aux mondiaux, Alicia Fabbri et Paul Ayer auront la chance de compter sur le soutien de leur entourage. Ayer est originaire de Calgary, et c’est aussi une occasion pour lui de regrouper plusieurs membres de sa famille. Ces premiers Championnats du monde séniors rappellent aussi au jeune homme tout le chemin parcouru au cours des dernières années, à poursuivre un rêve qui semblait quelquefois presque inaccessible. Je vois que vraiment, avec le travail, quand on travaille fort, on peut arriver à réaliser ses rêves. L’objectif du duo à Boston sera le même que tout le reste de la saison : se concentrer sur ce qu’il peut contrôler et donner le meilleur de lui-même. Toutefois, il aimerait bien pouvoir offrir une troisième place de quota en danse sur glace au Canada pour les prochains Jeux de Milan-Cortina. Alicia Fabbri et Paul Ayer seront en action lors de la danse rythmique, vendredi, alors que le programme libre sera disputé samedi. Les compétitions sont présentées en direct sur Tou.tv.J’ai des petits frissons quand j’y pense, explique la patineuse de Terrebonne, à Radio-Canada Sports. En 2016, je venais tout juste de commencer la danse. C'était ma première année et c'est sûr que c’était super motivant, tu veux être là un jour. Quand j'ai su qu'on allait aux mondiaux cette année et que c’était à Boston, c'était pour moi un full circle (une façon de boucler la boucle).
Quand on l’a su, on était vraiment contents, parce que c'était notre but cette saison. En fait, je l'ai appris sur Facebook, sur une publication de Skate Canada, lance en rigolant la patineuse de 22 ans. J'attendais le courriel de confirmation, mais on dirait que ce n’était pas rentré encore.

Le Canada est plein de bons patineurs et de bons danseurs, explique Paul Ayer. Même aux Championnats canadiens, quand on a gagné la médaille de bronze, on ne savait même pas qu'on allait aux Quatre continents ni aux mondiaux. Le Canada est tellement fort qu’on ne sait jamais.
Ils étaient sur une belle montée cette année, explique un de leurs entraîneurs, Pascal Denis. Je pense qu'ils ont vraiment fait un gros bond durant la saison. Lors des autres saisons, ils avaient eu des blessures, puis cette année, ils ont eu une saison complète à l'entraînement.
C'est un couple qui a travaillé très fort, ajoute-t-il. Ça fait plusieurs années qu'ils sont ensemble, ils ont passé au niveau junior et ont fait les Championnats du monde juniors et ont fait les Grands Prix juniors ensemble.
C'est super motivant, parce que c'est une compétition saine. On s'entraîne tous ensemble, c'est quand même le fun de s'entraîner avec plein de gens et de voir tous nos compétiteurs s'entraîner, parce qu’en compétition, c'est comme en pratique. Tu as tout le temps le goût de t'améliorer. Il y a un petit feeling d’essayer de devenir le meilleur des meilleurs
, affirme Alicia Fabbri.Je pense que c'est un énorme avantage, ajoute leur entraîneur. Le travail se fait aussi juste par le fait d'avoir les autres couples à côté, juste avec le niveau, ça pourrait être une compétition quotidienne. D’avoir tes compétiteurs devant toi, ça te nourrit plus que si tu es seul. Le confort ce n'est pas ce qui te permet de te développer au maximum.
Ma tante est venue de San Francisco, ma mère et mon frère de Calgary, et ma blonde de Londres, en Angleterre. J’ai quelques amis des États-Unis aussi
, explique le patineur, dans un excellent français.Avant de patiner avec Alicia, quand j’étais à Calgary, je n’ai pas eu de partenaire pendant un an, et il y avait eu deux autres années avant où je n’avais pas de partenaire, se rappelle Ayer. Je m'entraînais tout seul en danse sur glace et je regardais les mondiaux juniors, les mondiaux séniors et je me comparais aux gens parce que je sentais que j’étais capable de me rendre là. Il y a des personnes qui doutaient et je me demandais si c'est vrai que je peux me rendre là.
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